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Travailler après 50 ans

Cadres CFDT n° 437 - Décembre 2009

publication | créé le 07/12/2009 | imprimer cet article

La question des seniors est polluée par des représentations qui renvoient à des traits culturels bien plus qu’à des réalités objectives. Notre dossier.


La question des « seniors », en particulier dans les métiers de l’ingénierie et de l’encadrement, est ainsi polluée par des représentations dont on ne sait pas exactement d’où elles sortent, mais qui renvoient bien davantage à des traits culturels qu’à des réalités objectives. Ce jeunisme ne date pas d’hier. Ceux dont la position est aujourd’hui fragilisée furent il y a trente ans de « jeunes cadres dynamiques », pour reprendre une formule emblématique de la presse magazine de l’époque. Aujourd’hui, on s’interroge gravement sur leur employabilité. De belles âmes en appellent à la responsabilité de l’entreprise, dans des termes qui laissent supposer qu’elle leur doit bien ça, et que s’ils sont devenus une charge pour elle, elle a une sorte de devoir moral de leur conserver une place en son sein. On oublie un peu, en développant ces chimères, que l’entreprise peut avoir un intérêt à les faire travailler ; qu’ils ont, tout simplement, une valeur. Ce n’est pas au nom de ses responsabilités que l’entreprise est appelée à investir dans ses quinquas, mais au nom de ses intérêts bien compris. À s’inscrire dans une perspective moralisante, on court le risque de laisser perdurer une imagerie débilitante (les seniors « usés, fatigués »), et avec elle des appels à la bonté dont s’exempteront allègrement ceux qui refusent de se laisser dicter leur agenda par autre chose que des raisons économiques.




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     Créé(e) le 03/11/2008