Santé au travailL’organisation avant le stress ? Oui... et non
Le dossier prioritaire pour améliorer la situation des cadres du privé est celui de l’organisation avant celui de la prévention du stress. C’est l’inverse dans le public. En juillet 2008, la CFDT Cadres a fait réaliser par CSA un sondage auprès de 500 cadres. Si l’appréciation globale de leur travail est plutôt la satisfaction, les cadres pointent dans ce sondage un certains nombres sujets d’exigence et d’insatisfaction.
Partant du principe qu’il faut attaquer le mal à la racine, les cadres mettent la question de l’organisation du travail en tête des dossiers prioritaires. L’entrée par la prévention du stress apparait moins pertinente. Cependant, pour les cadres insatisfaits de leur travail (14 %) la question de la prévention du stress est en tête de leurs préoccupations, signe que ce mot cristallise en quelque sorte tout ce qui ne va pas ou plus.
Ce qui se dégrade au cours des dernières années
Sur 3 aspects de leur travail, les cadres sont plus nombreux à voir une dégradation qu’une amélioration:
- le climat social de l’entreprise (59 % vs 35 %) - la charge de travail (56 % vs 37 %) - la reconnaissance du travail (51 % vs 46 %)
44 % des cadres considèrent que l’organisation du travail s’est dégradée: ce taux monte à 59 % pour les seuls cadres du secteur public.
Les dossiers prioritaires pour améliorer la situation des cadres
L’organisation est un thème davantage prioritaire que le stress pour les cadres du privé (52 contre 45): c’est l’inverse pour les cadres du public (45 vs 50).
Le dossier de la durée du travail est jugé prioritaire par 43 % des cadres du secteur public. Les cadres « pas satisfait en général » (14 %) classent en tête des priorités la prévention du stress (68 %), et l’organisation du travail pointe juste derrière à 61 %.
En guise de conclusion
Après des années de déni, les syndicats patronaux ont enfin reconnu que l’organisation du travail est bien un objet de dialogue social, en l’occurrence comme facteur potentiel de stress au travail (cf. l’accord national interprofessionnel conclu en juillet dernier). Il convient donc de créer les conditions d’un dialogue avec les cadres, avec l’ensemble des salariés et leurs représentants sur la question de l’organisation (ce que prévoit la constitution depuis 1946!).
Le document unique de prévention des risques peut être un bon support de travail en commun entre le management et les représentants syndicaux pour faire évoluer l’organisation et diminuer les facteurs de risques de stress. Pour autant, pour que ce dialogue soit utile et fécond, il nécessite que les acteurs soient formés aux questions d’organisation du travail et que l’on aborde la question au plus près des unités de travail. |
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